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Rodolphe Olcèse est maître de conférences en esthétique et théorie du cinéma à l’université Jean Monnet de Saint-Étienne. Il publie aux éditions Hermann La vie terrestre. Essai sur Élisée Reclus, un livre passionnant à bien des égards. Le premier d’entre eux concerne sa qualité d’écriture, un style que beaucoup de ceux qui se prétendent philosophe devrait prendre en exemple, une écriture dans laquelle on retrouve le lyrisme de Reclus et tout l’imaginaire qui en découle, un style dans lequel la littérature contemplative n’est jamais loin…


Si la « rencontre » de Gilles Deleuze avec des surfeurs à l’occasion de son ouvrage sur Leibniz (Le Pli) reste bien connue grâce à son Abécédaire, il y en existe une autre, moins célèbre mais aussi intrigante. Celle d’Achim Szepanski, président d’un label allemand de musique électronique baptisé… Mille Plateaux. Au début des années quatre-vingt-dix, Szepanski expédia au philosophe quelques compositions de techno minimale publiées sur son label. Il lui avait même proposé de rédiger un texte sur le sujet.


Dans son ouvrage La Musique et l’Ineffable, Vladimir Jankélévitch pointe le dilemme essentiel auquel se retrouverait confronté un philosophe lorsqu’il réfléchit sur la musique : « (…) il n’y a rien à penser ou, ce qui revient au même, il y a à penser en quelque sorte, à l’infini (…). » Quel est ce « rien », ou ce « je-ne-sais-quoi » qui stupéfie tant la pensée que les philosophes ont si souvent évité la musique en tant que sujet ?
Il s’avère que Deleuze et Guattari se sont attelés à ce problème avec une opiniâtreté peu commune dans leur encyclopédie métaphysique Mille Plateaux, publié en 1980…


Dans son ouvrage La Musique et l’Ineffable, Vladimir Jankélévitch pointe le dilemme essentiel auquel se retrouverait confronté un philosophe lorsqu’il réfléchit sur la musique : « (…) il n’y a rien à penser ou, ce qui revient au même, il y a à penser en quelque sorte, à l’infini (…). » Quel est ce « rien », ou ce « je-ne-sais-quoi » qui stupéfie tant la pensée que les philosophes ont si souvent évité la musique en tant que sujet ?
Il s’avère que Deleuze et Guattari se sont attelés à ce problème avec une opiniâtreté peu commune dans leur encyclopédie métaphysique Mille Plateaux, publié en 1980…


La première phrase du Voyage au bout de la nuit et Mort à Crédit de Céline condense un commencement qui embrasse sa fin. Elle n’est cependant pas qu’une annonce de l’accent général du roman ou du résumé de son déroulement ; cette première phrase exprime l’achèvement même du commencement : elle dépose la Mort dans le commencement.
Avec le titre du Voyage, nous avons un but qui n’est pas la nuit même, mais sa fin, son « bout » comme achèvement qui annule la nuit : cette indication est donc son auto-suppression.


Appelez ses ouvrages comme vous le voulez : BD, roman graphique… peu importe, Valfret de son véritable nom Cyprien Mathieu, est auteur. Il publie en l’espace de deux ans seulement, deux livres magnifiques : Un An Et Demi et La Montagne aux éditions Fremok, dans lesquels il évoque la jeunesse, le rapport à la nature, le capitalisme, la mort et l’amour. Valfret aurait pu être publiciste, métier qu’il déteste certainement à juste titre, tant il cultive un sens aigu du slogan, de la punchline. S’il n’est pas devenu un représentant cynique des MadMen…

Résumer ici la carrière de Mark Alizart ne permettrait pas de saisir l’homme tant il semble être insaisissable. Passé par les grandes institutions culturelles françaises, de l’art contemporain à la mode ou au cinéma, Mark Alizart est avant tout un penseur. Auteur d’essais remarqués publiés aux P.U.F. dans la collection Perspectives Critiques, il révèle enfin à ses lecteurs un ouvrage qui dormait depuis trente ans.

Pascale Fautrier est docteure agrégée de Lettres Modernes, autrice de nombreux ouvrages aussi différents que des biographies de Chopin ou Napoléon ou d’un roman salué par la critique, Les Rouges paru au Seuil. Spécialiste de Nathalie Sarraute, elle rencontre tôt dans sa vie l’œuvre de Jean-Paul Sartre après un parcours scolaire quelque peu chaotique. Déscolarisée puis passée par une équivalence au bac, elle entre à l’université pour y découvrir, notamment, la pensée sartrienne, suivre les cours de Benny Levy et de Jacques Derrida, empruntant un parcours on-ne-peut- plus singulier. Biberonnée au militantisme communiste de ses parents, elle poursuit l’exploration des thématiques révolutionnaires et en 2015, entre en relation avec Alain Badiou.

Jonathan Daudey est professeur de philosophie au lycée, chargé de cours à l’université de Strasbourg et membre associé au laboratoire de recherche interdisciplinaire MEMH (Middle-East Medical Humanities/Université Saint-Joseph de Beyrouth). Travaillant à une thèse en philosophie politique sous le regard avisé de Nicolas Poirier et auteur, déjà, de deux monographies parues chez L’Harmattan consacrées au terrible dynamiteur moustachu: Nietzsche et la question des temporalités. Lecture en trois temps et La pharmacie de Nietzsche. De la philosophie comme médecine, il publiait en janvier dernier, dans la collection 5 clés pour comprendre chez Ellipses, un Nietzsche tout à fait passionnant.

L’obscurité fait avant tout l’objet d’une expérience courante : lorsque la lumière diminue et qu’elle se mâtine d’ombres, chaque chose disparaît partiellement. Nous prendrons toutefois le parti de soutenir que l’obscurité révèle quelque chose de la nature des choses mêmes, et que ses implications sont à la fois historiques, philosophiques, et éthiques. Traditionnellement assimilé à des mouvements picturaux dont Caravage est l’initiateur, le clair-obscur est à nouveau mobilisé par plusieurs peintres durant la seconde moitié du XIXe siècle. Ainsi, Théodule Ribot, Jean-Jacques Henner ou encore Eugène Carrière font de l’ombre un principe plastique structurant de leurs œuvres…

Rencontrer Bernie Bonvoisin dans un bar parisien pendant deux heures pour évoquer avec lui ce qui l’a construit, c’est un rendez-vous unique à plusieurs égards, considérations liées à la carrière, à l’œuvre et à la personnalité hors-normes du chanteur de TRUST. Une carrière commencée il y a près de cinquante ans ayant donné naissance à douze albums, des milliers de concerts et à un titre emblématique dans l’histoire du rock, pas seulement français. Antisocial devenu l’hymne de toute une génération de musiciens anglais ou américains et de fans de hard-rock et de métal, permit au groupe d’asseoir une image sans précédent dans l’Hexagone. Car en l’espace de deux albums, TRUST était devenu sulfureux ; aidé par la censure giscardienne mortifère, le groupe, en 1980, écrivait son histoire.

S’il avait besoin de nous, on offrirait volontiers à Laurent de Sutter un galion armé de canonniers et une carte de navigation pour parcourir les mers et les îles encore verrouillées par le conformisme ou le prêt-à-penser. Mais fort d’une vingtaine d’ouvrages et de son poste de directeur de publication aux PUF, l’auteur de Jack Sparrow, manifeste pour une linguistique pirate ou Pour en finir avec soi-même n’a pas besoin de Global Positioning System.